Histoire des fouilles

Le site se situe au nord-ouest du village de Ribemont-sur-Ancre. Les vestiges se répartissent sur environ 1km, selon une orientation nord-nord-ouest/sud-sud-est, le long du versant de la vallée de l'Ancre, à une altitude comprise entre 30 et 85 mètres.
 
1962 : Roger Agache réalise les premiers clichés du site et interprète les vestiges visibles comme ceux d'une immense villa gallo-romaine.Fondations d'habitat-1966
 
C'est en 1966 qu'ont lieu les premiers sondages, entrepris par l'Association des étudiants en archéologie de la Sorbonne, sous la direction de son président, Alain Ferdière (qui deviendra par la suite spécialiste des campagnes gallo-romaines). Ces opérations archéologiques infirment finalement l'hypothèse d'une villa et montre le caractère cultuel des installations.
 
A partir de 1968, L'association des étudiants en archéologie d'Amiens, sous la direction de Jean-Louis Cadoux, poursuit les fouilles et met en évidence un temple et ses aménagements cultuels, ainsi qu'un tronçon de fossé antérieur à l'époque gallo-romaine, sous les fondations.
 
En 1970, les nouvelles photos aériennes et les sondages archéologiques révèlent une cité gallo-romaine étendue sur 80 hectares, dévoilant de nouveaux monuments (théâtre, thermes, ...) ainsi qu'un ensemble d'autres constructions.
Au cours des années suivantes, le théâtre puis les thermes sont sondés. Plus tard, l'habitat fait également l'objet de sondages.
Les résultats des premières campagnes montrent que la cité romaine s'est développée du Ier siècle av. Jésus-Christ jusqu'au IIIème siècle ap. Jésus-Christ, date où elle a atteint son apogée. Elle est définitivement abandonnée dans le courant du IVème siècle.
Au début des années 80, après la mise en évidence du premier sanctuaire celtique à Gournay-sur-Aronde (Oise) par Jean-Louis Brunaux, la fouille reprend, à la recherche d'installations semblables, comme pouvait le laisser supposer la découverte du tronçon de fossé, quelques années plus tôt.
 
Ossuaire 1982En 1982, une première structure emblématique, bâtie à partir d'os humains et de chevaux que l'on appellera "ossuaire", est mise au jour à l'intérieur de l'enclos.
Les campagnes suivantes sont consacrées à la fouille de la partie orientale de l'enclos celtique jusqu'en 1986, date de la découverte d'un second «ossuaire », puis d'une zone de concentration d'os humains et d'armes, dénommée «charnier », située à l'extérieur de l'enclos.
Plusieurs types de dépôts osseux se distinguent alors nettement par leur nature et leur topographie... La fouille de ces dépôts uniques nécessite des moyens dont ne dispose pas l'équipe de J-L Cadoux. Ils sont donc protégés, en attendant de pouvoir être exploités avec des moyens adaptés.
 
C'est Jean-Louis Brunaux, qui a déjà apporté son concours lors de la fouille du premier ossuaire, qui reprend la fouille en 1990, en qualité de spécialiste des sanctuaires celtiques.
Un Centre d'étude est alors créé au sein du village de Ribemont-sur-Ancre avec l'appuis du Conseil Général, afin d'héberger l'équipe de fouille, ainsi que les spécialistes venus de l'étranger, et pour traiter le matériel archéologique dans les meilleures conditions.
Le programme scientifique donne la priorité à l'exploration de l'enclos sacré et ses abords immédiats. L'ossuaire découvert par J-L Cadoux en 1986, est de nouveau dégagé et fouillé exhaustivement. De 1992 à 1999, le « charnier » est fouillé et prélevé en totalité.
Dès 1996, une collaboration avec le laboratoire d'anthropologie de l'Université de Bordeaux a permis de bénéficier des compétences humaines ainsi Fouilles du charnier-1995que des moyens de prélèvement et d'analyses les plus pointus pour l'exploitation de cette structure particulièrement complexe.
Les résultats de l'étude anthropologique de l'ensemble du site cultuel révèlent une population essentiellement masculine, forte d'au moins 500 individus. Quelques jeunes sujets ont été identifiés dont un enfant de moins de 14 ans.
La datation de la phase ancienne du sanctuaire a été établie à partir de l'étude de l'armement et se situe aux alentours de 275 avant Jésus-Christ. Cette date est en relation avec les mouvements de populations celtes attestés pour cette période avec l'arrivée des Belges dans nos contrées...
La nature des dépôts d'os et d'armes, l'absence de crânes et la présence exclusive du cheval, confèrent au premier état du site un caractère militaire manifeste et impliquent que la fondation du lieu de culte est consécutive à un événement guerrier.
Nouvel ossuaire sous l'allée dallée-2000
 
Le début des années 2000 voit l'achèvement de la fouille de l'enclos celtique avec la découverte de nouvelles structures osseuses. Parallèlement, la fouille des installations cultuelles gallo-romaines est reprise, avec pour objectif d'en préciser la nature et la chronologie et d'harmoniser les résultats de l'ensemble des campagnes de fouilles.
En 2001, la découverte d'un second enclos celtique à environ 20m de l'enclos déjà connu, jette une lumière nouvelle sur l'origine de la fondation du site et son évolution jusqu'à la fin de l'époque gallo-romaine, en particulier pour se qui concerne son organisation spatiale.Tranchée de fondation du pronaos du grand temple-2003
 
 
 
La dernière campagne de fouille remonte à 2003 et a permis une meilleure compréhension des différents stades de constructions des temples gallo-romains. Une année qui a mis au jour les vestiges d'un nouvel "ossuaire" à l'angle ouest du permier enclos.

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