Vous êtes ici

Sur le site archéologique

Sur le site archéologique

Le site archéologique de Ribemont-sur-Ancre a été fouillé pendant près de 40 ans, de 1966 à 2003. Décrouvrez l'évolution de ces fouilles, pleines de rebondissements !

Histoire des fouilles

Situé au nord-ouest du village de Ribemont-sur-Ancre, le site archéologique est découvert en 1962 par Roger Agache qui en réalisé des clichés par avion et interprète les vestiges visibles comme ceux d'une immense villa gallo-romaine.

  • En 1966, l'Association des étudiants en archéologie de la Sorbonne entreprend les premiers sondages sous la direction d'Alain Ferdière.
  • A partir de 1968, L'association des étudiants en archéologie d'Amiens, sous la direction de Jean-Louis Cadoux, poursuit les fouilles et met en évidence un temple et ses aménagements cultuels ainsi qu'un tronçon de fossé antérieur à l'époque gallo-romaine.
  • En 1970, les nouvelles photos aériennes et les sondages archéologiques révèlent une cité gallo-romaine étendue sur 80 hectares, dévoilant de nouveaux monuments : théâtre, thermes... ainsi qu'un ensemble d'autres constructions.


Au cours des années suivantes, le théâtre puis les thermes sont sondés. Plus tard, l'habitat fait également l'objet de sondages.
Les résultats des premières campagnes montrent que la cité romaine s'est développée du Ier siècle av. Jésus-Christ jusqu'au IIIème siècle ap. Jésus-Christ, date où elle a atteint son apogée. Elle est définitivement abandonnée dans le courant du IVème siècle.

Au début des années 80, après la mise en évidence du premier sanctuaire celtique de Gournay-sur-Aronde (Oise) par Jean-Louis Brunaux, la fouille reprend, à la recherche d'installations semblables, comme pouvait le laisser supposer la découverte du tronçon de fossé, quelques années plus tôt.

  • En 1982, une première structure emblématique, bâtie à partir d'os humains et de chevaux que l'on appellera "ossuaire", est mise au jour à l'intérieur de l'enclos.
  • Les campagnes suivantes sont consacrées à la fouille de la partie orientale de l'enclos celtique jusqu'en 1986, date de la découverte d'un second «ossuaire », puis d'une zone de concentration d'os humains et d'armes, dénommée «charnier », située à l'extérieur de l'enclos. Plusieurs types de dépôts osseux se distinguent alors nettement par leur nature et leur topographie... La fouille de ces dépôts uniques nécessite des moyens dont ne dispose pas l'équipe de J-L Cadoux. Ils sont donc protégés, en attendant de pouvoir être exploités avec des moyens adaptés.

Jean-Louis Brunaux reprend la fouille en 1990 en qualité de spécialiste des sanctuaires celtiques.
Un Centre d'étude est alors créé au sein du village de Ribemont-sur-Ancre, avec l'appui du Conseil départemental de la Somme, afin d'héberger l'équipe de fouille, ainsi que les spécialistes venus de l'étranger, et de traiter le matériel archéologique dans les meilleures conditions.
Le programme scientifique donne la priorité à l'exploration de l'enclos sacré et ses abords immédiats. L'ossuaire découvert par J-L Cadoux en 1986, est de nouveau dégagé et fouillé exhaustivement.

  • De 1992 à 1999, le « charnier » est fouillé et prélevé en totalité.
  • Dès 1996, une collaboration avec le laboratoire d'anthropologie de l'Université de Bordeaux a permis de bénéficier des compétences humaines ainsi que des moyens de prélèvement et d'analyses les plus pointus pour l'exploitation de cette structure particulièrement complexe.

Les résultats de l'étude anthropologique de l'ensemble du site cultuel révèlent une population essentiellement masculine, forte d'au moins 500 individus. Quelques jeunes sujets ont été identifiés dont un enfant de moins de 14 ans. La datation de la phase ancienne du sanctuaire a été établie à partir de l'étude de l'armement et se situe aux alentours de 275 avant Jésus-Christ. Cette date est en relation avec les mouvements de populations celtes attestés pour cette période avec l'arrivée des Belges dans nos contrées...
La nature des dépôts d'os et d'armes, l'absence de crânes et la présence exclusive du cheval, confèrent au premier état du site un caractère militaire manifeste et impliquent que la fondation du lieu de culte est consécutive à un événement guerrier.

  • Le début des années 2000 voit l'achèvement de la fouille de l'enclos celtique avec la découverte de nouvelles structures osseuses.

Parallèlement, la fouille des installations cultuelles gallo-romaines est reprise, avec pour objectif d'en préciser la nature et la chronologie et d'harmoniser les résultats de l'ensemble des campagnes de fouilles.

  • En 2001, la découverte d'un second enclos celtique à environ 20m de l'enclos déjà connu, jette une lumière nouvelle sur l'origine de la fondation du site et son évolution jusqu'à la fin de l'époque gallo-romaine, en particulier pour ce qui concerne son organisation spatiale.
  • La dernière campagne de fouille remonte à 2003 et a permis une meilleure compréhension des différents stades de constructions des temples gallo-romains. Une année qui a mis au jour les vestiges d'un nouvel "ossuaire" à l'angle ouest du permier enclos.